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Névéle magazine du Berger Blanc Suisse

Origines

Histoire du berger blanc, de l’Amérique à la FCI

La race est plus jeune que sa réputation : une lignée américaine réimportée en Europe, inscrite à l’appendice du livre suisse en 1991, reconnue par la FCI vingt ans plus tard.

Photographies anciennes en noir et blanc de chiens de berger étalées sur une table, une loupe posée sur l’une d’elles, fiches cartonnées annotées à côté

Toute l’histoire du berger blanc tient dans un déplacement : une population de chiens de berger à robe blanche qui devient une race distincte de l’autre côté de l’Atlantique, puis revient en Europe pour y être reconnue sous un nom suisse. Le texte officiel raconte ce trajet en quelques lignes, et ce sont ces lignes, datées, que nous suivons ici.

Avant la race : des chiens blancs dans les lignées de berger

Le standard de la race commence son récit au moment où la population devient distincte. Ce qui précède se résume en une couleur : des chiens de berger blancs, portés par des lignées de travail, dont les exemplaires à robe blanche ont suivi une trajectoire à part. Pourquoi le blanc a-t-il pris cette route plutôt qu’une autre, et à quelle date la couleur a-t-elle quitté le livre du berger allemand ? Ce sont des questions de textes officiels, et nous les traitons là où elles ont une source, dans notre comparatif des trois bergers blancs. Ici, une chose suffit : la robe blanche n’est pas une variété décorative venue après coup, c’est le fil conducteur de toute l’histoire, et la seule couleur que le standard actuel admette.

L’Amérique et le Canada : une population qui devient distincte

Le bref aperçu historique du standard le dit sans détour : « en Amérique et au Canada les bergers blancs sont devenus peu à peu une race distincte ». Le mot important est « peu à peu ». Il n’y a pas de date de naissance unique, pas de décret fondateur, mais une population qui s’éloigne progressivement du tronc commun : même silhouette de chien de berger, même conduite, robe blanche systématique. Quand les premiers sujets traversent l’Atlantique dans l’autre sens, ils viennent donc d’une lignée déjà identifiée comme distincte par ses propres utilisateurs, et non d’un hasard de couleur isolé dans un élevage.

1966, Lobo : l’aïeul nommé par le standard

La chronologie se précise avec un individu, et c’est le seul que le texte officiel nomme : le mâle américain Lobo, né le 5 mars 1966, « peut être considéré comme l’aïeul de cette race en Suisse ». La formulation mérite d’être recopiée telle quelle, parce qu’elle dit exactement ce qu’elle dit : un rôle d’aïeul, côté suisse, pas un fondateur unique de la race. Les descendants de ce mâle inscrit au Livre des Origines Suisse, comme ceux d’autres bergers blancs importés des USA et du Canada, « firent progressivement souche et se répartirent partout en Europe ». Le standard ajoute qu’un grand nombre de Bergers Blancs élevés depuis plusieurs générations en race pure existent aujourd’hui : la population s’est renouvelée loin de ses départs.

Les années 70 : les imports suisses et l’entrée au LOS en juin 1991

Deux dates encadrent la période européenne. Les premiers chiens de cette race furent importés en Suisse au début des années 70 : la souche européenne s’y installe d’abord comme une lignée d’importation, avec ses pedigrees américains et canadiens. Puis, en juin 1991, la race est inscrite comme nouvelle race à l’appendice du Livre des Origines Suisse (LOS). L’appendice est la voie normale d’une race jeune : un livre d’attente, où les générations se consignent jusqu’à la reconnaissance pleine. Vingt ans d’écart entre les premiers imports et cette inscription donnent la mesure du travail de fond accompli entre les deux, par des personnes dont les noms n’appartiennent pas à notre documentation, et que nous ne cherchons pas à reconstituer.

2011 : la reconnaissance FCI et le standard n° 347

La reconnaissance par la Fédération Cynologique Internationale clôt la boucle. Le standard portant le numéro 347 est en vigueur depuis le 04.07.2011, le document français ayant été publié le 12.08.2011 ; l’origine déclarée de la race est la Suisse, l’utilisation officielle le chien de compagnie et de famille, la classification groupe 1, section 1, sans épreuve de travail. Une race devenue suisse par son livre des origines, américaine par sa lignée fondatrice, européenne par sa diffusion : c’est ce trajet qui explique que trois appellations circulent encore pour un même chien. Le texte issu de cette reconnaissance se lit en entier dans le standard FCI 347, et la couleur qui a déclenché toute cette histoire se détaille dans le glossaire des robes.

Le versant français de la chronologie

En France, la chronologie des clubs de race est documentée par le club lui-même et complète le tableau : l’Amicale du Chien de Berger Blanc est créée en 1989, un Club Français du Berger Blanc voit le jour en 1992, la Société Centrale Canine reconnaît l’Amicale comme club de race en stage d’affiliation en 2004, et les deux structures fusionnent en 2008, à la demande de la SCC, pour former l’Association Française du Berger Blanc. Cette trajectoire en deux volets, un club pionnier puis un club unique affilié, suit de près les étapes européennes : les amateurs français organisent la race chez eux la même décennie où elle entre au livre suisse, et ils consolident pendant la décennie qui précède le standard FCI.

Le bilan de cette chronologie tient en quatre dates à retenir et une à comprendre : 1966 pour la naissance de Lobo, le début des années 70 pour les imports suisses, juin 1991 pour l’appendice du LOS, 2011 pour le standard FCI ; et, entre 1989 et 2008, un versant français qui s’organise en parallèle. La suite du dossier de race se lit dans la rubrique La race, qui rassemble le standard, la robe et les variétés de poil.