Un poil double ne se travaille pas comme un poil simple, et la différence tient au sens : c’est par le dessous que tout passe. Le standard FCI n° 347, version française en vigueur depuis le 04.07.2011, décrit un poil double dense et bien couché, un sous-poil abondant, un poil de couverture lisse et dur ; cette description n’est pas décorative, elle dit quel poil sert au chien et quel poil se retire. La suite range le matériel, le rythme des séances, le bain, et la question de la tonte, traitée par ce que le poil fait plutôt que par un interdit.
Le poil double : sous-poil et poil de couverture, qui fait quoi
Les deux étages n’ont ni le même rôle ni le même rythme. Le sous-poil, abondant, isole : c’est lui qui se renouvelle et c’est lui qui tombe, en quantité, à chaque mue. Le poil de couverture, lisse et dur, protège : il se renouvelle lentement et ne se retire pas, il se conserve. Le standard précise la répartition : la face, les oreilles et les faces antérieures des membres portent un poil un peu plus court, la nuque et la face postérieure des membres un peu plus long, et un poil légèrement ondulé mais dur reste admis. La variété longue ajoute ses marques, crinière distincte à la nuque, culottes fournies aux membres, queue touffue, la longueur ne devant jamais être exagérée. Ce vocabulaire sert la brosse : on sait où le poil est court, où il s’accumule, et pourquoi derrière les oreilles et aux culottes se forment les premiers feutres. Ce que le standard attend de chacune des deux variétés se lit dans la page poil mi-long et poil long.
Le matériel : ce qui sert, ce qui abîme
Le nécessaire tient en trois familles d’outils, décrites ici sans marque. La brosse à sous-poil, à dents longues, atteint le deuxième étage sans arracher le premier : c’est l’outil principal, celui qui sort la bourre blanche qui remplit une poubelle à chaque mue. Le peigne, à dents larges puis fines, vérifie le travail, derrière les oreilles, à la culotte, sous le cou, partout où le sous-poil se feutre avant de se voir. La brosse de finition, enfin, remet le poil de couverture dans son sens et referme la séance. Ce qui abîme tient à l’usage plutôt qu’à l’objet : peigner un poil sec, arracher à la main un feutre qui résiste, tirer le couverture pour gagner du temps, passer un outil à dents courtes sur un poil long en croyant peigner. Un geste qui casse des poils de couverture ne se répare pas au brossage suivant : la repousse de cet étage se compte en mois, pas en séances.
Le rythme : semaine ordinaire, mue de printemps et d’automne
La semaine ordinaire se règle sur des séances courtes, une à deux, et elle sert moins à retirer du poil qu’à vérifier l’état de la peau et à garder l’habitude d’une manipulation complète, pattes et oreilles comprises. La mue change l’échelle : la chute ne se répartit pas également sur l’année, elle vient par vagues aux changements de saison, et l’observation courante des propriétaires la place au printemps et à l’automne. Les durées et les intensités varient d’un chien à l’autre, et le magazine ne leur donne pas de chiffre, faute de source primaire à citer. Pendant ces semaines, la séance s’allonge, elle se fait dehors quand c’est possible, et elle se termine au peigne : c’est ce contrôle qui dit si le sous-poil mort est reparti ou s’il continue de s’accumuler. La texture, elle, se surveille toute l’année : le standard range le poil de couverture souple, soyeux, laineux ou bouclé parmi les défauts graves, et l’entretien préserve cette texture sans pouvoir la créer. Les défauts de robe et de poil se relisent dans le glossaire des robes.
Le bain : fréquence et séchage
Le bain suit l’état du poil, pas le calendrier. Un poil double bien tenu se nettoie en séchant, et les séances de brossage régulières retirent l’essentiel de ce que l’extérieur dépose. Quand un bain devient nécessaire, deux points comptent plus que le produit choisi. Le rinçage d’abord : un résidu laissé dans un sous-poil abondant se comporte comme une irritation qui s’installe, et le chien se gratte des semaines plus tard sans que la cause se voie. Le séchage ensuite, et c’est le plus souvent lui qu’on néglige : le sous-poil retient l’eau bien après qu’un poil de couverture paraît sec, et un chien qui reste humide à la peau s’expose à des désagréments cutanés qu’une simple surveillance éviterait. On sèche complètement, à la serviette puis au souffle tiède si l’animal l’accepte, en soulevant le poil pour atteindre le dessous. La robe blanche, elle, se tient par la propreté du poil et l’état de la peau : c’est là que se joue la couleur, pas dans un additif.
La tonte : ce qu’elle change durablement à un poil de couverture
La question revient chaque été, et elle se traite par ce que le poil fait. Le sous-poil repousse : c’est son rôle, il est conçu pour se renouveler. Le poil de couverture se comporte autrement : il se renouvelle lentement, et une coupe qui le traverse change durablement la façon dont le poil retombe, protège et se salit. La prudence se déduit de cette mécanique seule, et le magazine s’en tient là : le cas d’un chien donné se tranche en regardant sa peau et sa texture, avec un vétérinaire ou un toiletteur, pas dans une page. Un grattage qui s’installe, une peau rouge entre les doigts, des croûtes derrière les oreilles ne se règlent d’ailleurs pas au brossage ; la démarche qui mène à un avis posé se décrit dans la page sur la dermatite atopique. Et un poil remis en état après des années de négligence se travaille comme celui d’un chien qui vient d’être accueilli, par séances courtes et régulières : la page sur adopter un adulte décrit cette remise en route. Le reste du quotidien, de l’arrivée à la cohabitation, se lit dans la rubrique vivre avec la race.